Essais

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Une éthique de la sexualité, entretien avec Judith Butler réalisé par Eric Fassin et michel Feher et paru en 2003 dans la revue Vacarme :

En France, on a récemment assisté à l’émergence d’une série de controverses sur des questions relevant à la fois du genre et de la sexualité – en particulier le harcèlement sexuel, la pornographie et la prostitution. De tels débats ont déjà une longue histoire aux Etats-Unis. [Judith Butler entreprend ici d’expliquer] comment ils se sont déployés dans le contexte américain, comment ils se sont articulés les uns aux autres, mais aussi comment [elle s’est] située dans ce paysage.

On peut partir du harcèlement sexuel, avec la publication du livre de Catharine MacKinnon, The Sexual Harassment of Working Women, en 1979. De cet ouvrage découlent deux féminismes bien distincts -et l’évolution ultérieure de MacKinnon va aggraver la divergence entre les deux. Initialement, MacKinnon se contente d’affirmer que les avances sexuelles non désirées, sur le lieu de travail ou à l’université, tendent à placer les femmes dans une situation très difficile : difficile quand elles repoussent les avances, car elles s’exposent alors à des représailles, mais difficile aussi lorsqu’elles répondent favorablement, si par malheur la liaison tourne mal. […]

> lire la suite sur le site de la revue Vacarme

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Entre méprise et mépris. La prostitution : une forme de réparation ?

Sonia Verstappen, travailleuse du sexe révoltée par la confiscation de parole que subissent ses consoeurs et confrères, entreprend des études sur la base d’une validation des acquis de son expérience professionnelle à l’université de Louvain. Ce texte est son travail de fin d’études.

Prostituée depuis 35 ans, j’ai vécu les 20 premières années de mon métier en intégrant la marginalité, le regard impitoyable et le non-respect de la société à mon égard. Il y a une douzaine d’années, je suis devenue militante. J’ai pris conscience de la symbolique variant à l’infini des mots « prostituée » et « prostitution ». J’ai voulu m’attaquer aux clichés sur la prostitution, sortir du manichéisme de la « pute » martyre, et du client obligatoirement bourreau ; mettre de côté les mythes et les préjugés, si tenaces, si voraces soient-ils, et redonner sa place au doute. Dans cet article, je cherche à analyser et comprendre la prostitution libre, plus précisément la relation client-prostituée. Je tente de comprendre la densité de ces relations, ces confidences, ces demandes d’écoute, de tendresse et d’amour, et bien sûr de sexe. La prostitution est une institution qui répond de manière illégitime à des besoins légitimes, marquée par la désapprobation sociale et morale, mais dans le même temps reconnue et tolérée par une majorité des gens. Ainsi, la prostituée libre est un acteur social qui dérange les consciences de par les mystères, les secrets, les connaissances qu’elle est censée détenir.
C’est cette réalité des prostituées libres, opposée au stigmate auquel elles font face, que je souhaite exposer dans ce travail, en parlant de bénéfices et du prix à payer pour les acteurs, partageant ainsi avec vous mon combat.
[…]

> Entre méprise et mépris. La prostitution : une forme de réparation ?

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Une Réponse

  1. Linès

    Je cite un passage de cet article de Sonia que j’aime particulièrement :

    « Je vais donc vous parler de ces femmes qui exercent ce métier par choix, librement, et de ceux qui viennent à elles, les clients. Ces clients dont parlait si bien ma collègue Grisélidis Real : « …Tous les hommes qui viennent à nous, « fatigués et chargés », comme il est dit dans la Bible – ceux que nous sauvons du suicide et de la solitude, ceux qui retrouvent dans nos bras et dans nos vagins l’élan vital dont on les frustre ailleurs- ceux qui repartent, les couilles légères et le soleil au cœur-…. »i. »

    En tant que client, j’apprécie beaucoup de lire ce passage, j’aime que ces putains dans l’âme (Grisélidis et Sonia) pensent cela de leurs clients, c’est bon de le rappeler cela à une époque où le client est de plus en plus méprisé, vilipendé, menacé de sanctions par la société bien-pensante.

    6 janvier 2012 à 13:19

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