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A ceux qui voudraient nous voir disparaître

Vous êtes satisfaits du vote de cette loi qui pénalise nos clients ? Vous avez le sentiment de faire le ménage, d’étendre dans le temps et l’espace votre territoire safe et clean, enfin des rues et des routes sous contrôle, partout et à toute heure ? Vous souhaitez que les désirs se tournent désormais vers des écrans plutôt que vers nos jolis culs ? Vous cherchez à étouffer la fête qui nous fait vivre ? Le libre et joyeux commerce de nos caresses vous dérange ? A moins que ce ne soit nos richesses ? La circulation un peu trop fluide d’un argent pour lequel nous n’avons pas assez trimé ? Vous ne voyez pas que nous sommes productives nous aussi ? Qu’ils sortent de nos bras relaxés, revitalisés, rassurés, renseignés, réconciliés, radoucis et ragaillardis ? Mais peut-être que c’est plutôt leur frustration que vous recherchez ? Pour régner sur une armée de zombies mal dans leur peau et boulimiques des bonheurs factices de la consommation matérielle ?

Je ne sais pas, je cherche une raison à cette loi ! Vous ne pouvez pas vous être inspirés de ces pseudos arguments bien pensants qui bafouent notre libre arbitre et nous disent soit esclaves soit aliénées. Pas si vous avez un jour mis le nez dans notre milieu. Vous sauriez que le sexe tarifé n’est pas sale, qu’il est un commerce généreux et noble qui rapproche des personnes extrêmement diverses, à saute moutons au dessus des petites cloisons de votre petit système.

Et avec toutes les collègues qui ont mal au cœur ce soir, avec celles de l’ouest, de l’est, du nord et du sud, celles de la rue, des camions, des apparts et des hôtels, avec celles qui dansent, celles qui fouettent, les douces, les fortes, les siliconées, les tatouées, les garçons et les autres, les bombasses et les « encore fraîches », les soi-disant maquerelles, les inséparables, les grandes gueules, les polyglottes, les gorges profondes, avec celles qui exercent en toute majesté leur pouvoir sur les hommes et leur art du plaisir, je vous dit merde. Et sachez que les putes n’ont pas dit leur dernier mot.

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Affiche contre les agressions faites aux travailleuses et travailleurs du sexe

Affiche pour Besançon:

Télécharger la version en grand format: https://putainsdanslame.files.wordpress.com/2015/12/affiche-finale.png 

Télécharger une version qui peut être diffusée au delà-de Besançon: https://putainsdanslame.files.wordpress.com/2015/12/affiche-uni.png

affiche-finale-mini


La permanence du mois d’avril …

… aura lieu demain, le samedi 19 avril, mais pas aux Bains Douches car ils sont fermés en période de vacances scolaires. Nous serons au Rainbow bar, 12 rue de la liberté à Besançon.


Connaître les lois sur le travail du sexe

Aujourd’hui en France le travail du sexe n’est pas pénalisé en tant que tel, mais il est entouré d’un ensemble de lois qui visent à l’empêcher. Celle qui a été votée par l’Assemblée nationale en décembre et doit passer devant le sénat en juin menace désormais les clients de services sexuels.

Putains dans l’âme organise une rencontre avec Sarah-Marie Maffesoli, une juriste spécialisée dans la question du travail du sexe, pour nous permettre de mieux connaître nos droits et de faire le point sur les éventuels changements à venir. Nous aborderons aussi d’autres thématiques récurrentes dans la profession, comme les interactions avec la police et les services d’immigration. Des entretiens individuels seront possibles dans l’après-midi.

Rendez-vous le mercredi 16 avril de 9h à midi aux Bains douches (1 rue de l’Ecole, à l’angle de la rue de la Madeleine) puis jusqu’à 18h au 8 rue de l’Industrie, 2e étage à droite.


Soirée de soutien à Putains dans l’âme (au Palace Rivotte)

Le collectif s’est doté d’un camion, ce qui nous permet de faire des tournées plus conviviales et de proposer aux collègues de s’asseoir au chaud pour bavarder. On distribue aussi tout plein de capotes (entre 5 et 20 boîtes de 12 par tournée, ça part vite). Et très bientôt (le 16 avril) nous accueillerons la juriste Sarah-Marie Maffesoli, spécialiste des questions liées au travail du sexe. Mais tout ça, eh, ça coûte des sous…

Nous vous invitons donc à nous rejoindre le samedi 4 avril pour une soirée festive toute en paillettes :

14h – ateliers (drag king / drag queen ; pâte à sel pour adultes ; maquillage)

18h – projection du film Business is business

21h – cabaret (numéros charmants)

toute la nuit – crazy dancing

Le tout accompagné d’assiettes, friandises et boissons, qui seront comme l’entrée, à prix libre.

Mais, c’est super ! Vous écriez-vous. Et ça se passe où ? Au Palace Rivotte, 13 rue rivotte (en face du Muzic All).

Alors on vous attend, nombreuxes et enthousiastes !

Bizous.

flyer


Parce que cette loi est une violence …

 

Voici le texte du tract que nous avons distribué place du 8 septembre le 17 décembre (c’était le jour international de lutte contre les violences faites aux travailleuses et travailleurs du sexe) :

Nous n’écrivons pas ce tract pour dire que «la prostitution est une violence faite aux femmes» comme on l’entend beaucoup en France ces temps-ci, nous disons plutôt que la prostitution n’est pas en soi un problème, mais que l’on peut rencontrer des problèmes de violence en l’exerçant, vue la situation actuelle.
En revanche nous affirmons que la politique actuelle en France est de favoriser et augmenter cette violence par une loi irrespectueuse, contre-productive, et dangereuse.

Des papiers seulement pour 6 mois, et seulement si on est « sages » !
La loi qui vient d’être votée promet une autorisation provisoire de séjour d’une durée de 6 mois aux personnes qui ont cessé l’activité de prostitution et sont prises en charge par une association agréée par l’État. Il s’agit donc de faire du chantage aux travailleuses et travailleurs du sexe, de les considérer comme d’éternels enfants et de les mettre sous tutelle d’associations qui seront garantes de leur moralité. On note que leur volonté, leurs intentions, leurs choix professionnels n’intéressent pas du tout les législateurs. Non, il y a un « droit chemin », et une carotte au bout du bâton. Mais attention la France est avare en carotte car un permis de travail de 6 mois est dérisoire pour s’insérer dans un contexte de crise économique.
Sinon, bien sûr on peut toujours faire dans la délation car la loi permet que si on porte plainte pour traite ou proxénétisme, on obtient un titre de séjour renouvelable jusqu’à la fin de la procédure … Mais c’est quoi au juste le proxénétisme ?

S’entraider est un délit
Cette nouvelle loi reprend une notion déjà définie dans le droit français qui est le proxénétisme : l’article 225-5 du Code pénal punit « le fait, par quiconque, de quelque manière que ce soit : d’aider, d’assister ou de protéger la prostitution d’autrui ; de tirer profit de la prostitution d’autrui, d’en partager les produits ou de recevoir des subsides d’une personne se livrant habituellement à la prostitution ; d’embaucher, d’entraîner ou de détourner une personne en vue de la prostitution ou d’exercer sur elle une pression pour qu’elle se prostitue ou continue de le faire». Cet article mélange dans l’idée fourre-tout de  «proxénétisme de soutien» toute forme de relation à un(e) travailleur(euse) du sexe (par exemple lui prêter un camion, ou même lui donner des préservatifs). Elle confond cela avec le fait de l’embaucher, et surtout avec le fait de la forcer à travailler.
Pour nous, seul le proxénétisme de contrainte correspond à de l’esclavagisme et doit être combattu de l’extérieur de la profession comme de l’intérieur. Par contre pour le reste, une telle conception du proxénétisme conduit à réprimer toute association et tout soutien autour d’une travailleuse ou d’un travailleur du sexe. Cette définition du proxénétisme, qui perdure et sur laquelle s’appuie la nouvelle loi, a pour effet d’isoler les travailleuses et travailleurs du sexe ; elle les empêche de se renforcer, de se prévenir mutuellement, de se défendre, de se regrouper, et d’organiser pour celles et ceux qui le souhaitent des cadres plus sécurisés pour leur activité.

Pénaliser le client afin de « nettoyer » les rues
La France se propose maintenant de pénaliser les clients du travail du sexe. Cette loi vise en priorité celles et ceux qui travaillent dans la rue, car c’est dans la rue que les clients sont flagrants. Un grand coup de balai sur le trottoir, aux dépens de la santé publique. En effet les associations de santé communautaire étaient unanimes pour alerter le gouvernement sur le fait que chasser le travail du sexe revient à l’éloigner des services de réduction des risques, mais elles n’ont pas été écoutées.
En outre, quand le premier souci des clients sera d’échapper à la police, les travailleuses et travailleurs du sexe devront se cacher encore plus, négocier précipitamment. Une telle loi va donc les contraindre à plus de clandestinité et les exposer à davantage de pressions et de dangers.
Pénaliser leurs clients, c’est donc fragiliser les travailleuses et travailleurs du sexe, s’attaquer directement à leur santé et à leur sécurité.

Cette loi est donc une véritable violence faite aux travailleuses et travailleurs du sexe qu’elle prétend paradoxalement protéger. Elle a été votée le 4 décembre dernier à l’Assemblée. Elle doit encore être examinée par le Sénat et ne devrait pas entrer en vigueur avant l’automne prochain.
Nous demandons son abandon, ainsi que l’abrogation des autres lois qui s’attaquent à l’exercice du travail du sexe.
Nous appelons la société à se focaliser enfin sur l’urgence réelle de se battre contre les agressions et le travail forcé.


Vote d’une loi putophobe ce mercredi 4 décembre à l’Assemblée

imagepenalisationLes Putains dans l’âme sont choquées par le vote de la loi de « pénalisation des clients » (entre autre) : on avait beau être prévenues, on avait beau savoir que certains travaillaient à nous « abolir », c’est quand même dur d’encaisser. Cette loi consiste principalement en deux mesures : s’attaquer à nos clients, et nous promettre des papiers (seulement pour 6 mois !)  si nous renonçons à exercer notre métier. Pour une analyse plus détaillée, nous vous renvoyons au dossier de presse réalisé par le syndicat le Strass http://site.strass-syndicat.org/wp-content/uploads/2013/11/dp-ppl-version-finale-couleurs.pdf