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Interviewé.e.s par Femmes au micro

Mercredi 14 mars, nous avons répondu à 2 étudiantes qui animent cette année un cycle d’émissions sur les femmes sur radio campus. Leurs centres d’intérêt sont divers : femmes en milieu carcéral, femmes dans le cinéma, femmes en littérature, femmes entrepreneuses, femmes migrantes, santé maternelle et infantile … quant au travail du sexe, ce sujet a été traité séparément de la traite des femmes, qui a fait l’objet d’une émission précédente. Nous avons donc été invité.e.s à nous exprimer sur le travail du sexe en tant que travail, et voici une page où vous pourrez écouter ce qui s’est dit : http://www.mixcloud.com/lise-hemous/femmes-au-micro-travailleurs-et-travailleuses-du-sexe/

Merci pour leur travail !

Suite au vote d’une résolution contre le travail du sexe à l’Assemblée Nationale

Le 6 décembre, l’Assemblée Nationale a voté une résolution qui s’oppose à la prostitution. Ce texte déclare une opposition de principe à cette activité : il dit qu’il convient de lutter contre la prostitution, mais ne modifie pas le système juridique concernant les travailleur.euse.s du sexe.

Par cette résolution, l’Assemblée Nationale « réaffirme » en premier lieu « la position abolitionniste de la France, dont l’objectif est, à terme, une société sans prostitution. »

Plus loin, elle « estime que, compte tenu de la contrainte qui est le plus souvent à l’origine de l’entrée dans la prostitution, de la violence inhérente à cette activité et des dommages physiques et psychologiques qui en résultent, la prostitution ne saurait en aucun cas être assimilée à une activité professionnelle ».

 Comme le STRASS (syndicat du travail sexuel), les associations Cabiria (Lyon), Grisélidis (Toulouse) et Les Amis du Bus des Femmes (Paris), nous nous déclarons très choqué.e.s par les positions exprimées dans cette résolution, et inquiet.e.s des réels changements juridiques qui pourraient survenir par la suite sur ces bases.

Nous déclarons en connaissance de cause – et ces messieurs-dames, qu’on appelle à juste titre dé-putés, le sauraient si le rapport Bousquet dont ils s’inspirent tenait vraiment compte de la parole des principaux intéressé.e.s et des associations de terrain – que le travail du sexe est bel et bien une profession pour nous et que, comme dans les autres, on y entre plus ou moins par choix, et plus ou moins par nécessité de gagner de l’argent.

La violence n’est pas inhérente aux échanges sexuels marchands : qui dit vente, dit négociation, laquelle permet de fixer les limites, entre adultes consentants – ce qui, d’ailleurs, est loin d’être aussi évident concernant les rapports sexuels gratuits… S’il y a un « un travail d’éducation et de responsabilisation » à faire sur « les clients et la société toute entière », c’est bien celui de lutter contre le sexisme et de réfléchir à la notion de consentement.

Mal de dos, accidents de travail, pressions morales, suicides… la souffrance au travail existe dans de nombreux métiers, mais dès lors qu’elle s’exprime chez un.e travailleur.euse du sexe, au lieu de traiter les problèmes rencontrés de manière rationnelle et pragmatique, on préfère censurer, punir et déclarer la guerre à toute la profession !

Nous ne laisserons pas dire que le travail du sexe est traumatisant en soi. On peut considérer que le sexe est sacré ou qu’il doit nécessairement être lié à l’amour, mais ces conceptions ne sont plus et ne peuvent redevenir les seules à avoir droit de cité. Nous estimons avoir la liberté de disposer de notre sexe de façon marchande, et refusons d’être considèré.e.s comme des aliéné.e.s dont la parole est invalidée.

Nous sommes nombreuses et nombreux, dans toutes les branches de notre activité, à n’avoir aucune envie de changer de boulot. Lutter contre la prostitution, c’est lutter contre les prostitué.e.s.

Nous demandons l’abrogation des lois répressives qui empêchent les travailleur.euse.s du sexe d’avoir une vie normale et de meilleures conditions de travail. Nous demandons l’abandon de cette politique abolitionniste : une éventuelle loi pour pénaliser nos clients aurait des conséquences désastreuses pour nous (clandestinité, précarité, insécurité, stigmatisation). Nous réclamons le droit d’opter pour cette profession et de pouvoir nous organiser en son sein : solidarité entre collègues, syndicalisme, coopératives, que tout cela soit enfin permis.

putains dans l’âme

Photos du concert

quelques photos de la soirée du 21 octobre à la Péniche

Merci aux musicien.ne.s qui nous ont proposé spontanément de venir jouer.

Merci à la Péniche qui a accueilli cette soirée de soutien.

Et merci aussi au sexshop le Doubs Plaisir pour les lots de la tombola !

De nouvelles dates

Un programme bien rempli pour le mois d’octobre !

Tout d’abord jeudi, une manif à Lyon (on sera le 29 sept) organisée par les travailleur-euse-s du sexe de Lyon qui subissent des arrêtés municipaux depuis 9 ans. Le harcèlement policier est quotidien. http://cabiria.asso.fr/nos-luttes/article/manifestation-contre-la-repression  Une voiture partira de Besançon avec une place de libre, faites-vous connaitre !

Le 14 oct, nous ferons une apparition dans un spectacle burlesque à la Péniche.

Le 15 oct, nous tiendrons notre permanence mensuelle à Tambour Battant, de 14h à 18h.

Le 21 oct, les Pertes Noires (groupe de Lille-Belgique) viendront jouer à la Péniche en soutien à nos actions. L’argent récolté servira soit à des projets sur Besançon, soit à soutenir les collègues de Lyon.

En octobre aussi, édition posthume d’une oeuvre de Grisélidis Réal. Des soirées seront organisées à cette occasion par les éditions Verticales à Paris et à Genève les 20, 21 et 22 oct, ainsi que le 24 nov.  http://www.editions-verticales.com/evenements.php?rubrique=5

Le 28 oct, enfin, présence à une soirée au bar la Cour des Miracles (CDM).

Rentrée

Putains dans l’âme est de retour !

Nous vous invitons à venir nous rencontrer lors de notre permanence mensuelle : samedi 17 septembre, de 14h à 18h, au 6 rue de la Madeleine (dans les locaux de Tambour Battant).

Vous souhaitez vous impliquer dans les activités de Putains dans l’âme, aider les putes au quotidien et militer activement pour leurs droits ? Bonne idée ! Travailleureuses du sexe ou simples sympathisant’s, le collectif est ouvert à toutes les bonnes volontés. Notre prochaine réunion aura lieu le week-end du 10-11 septembre, n’hésitez pas à nous contacter pour plus de précision.

Samedi 9 juillet : boum de soutien

Le racket des putes continue : les amendes qui pleuvent sur elleux font de l’état le premier proxénète de France. Samedi 9 juillet, une boum de soutien aura lieu aux Tanneries (à Dijon) pour aider les travailleu.r.se.s du sexe à payer ces amendes. Venez nombreuxes !

Retour sur la projection-débat du 15 juin

Depuis le temps qu’on en parlait, ça y est, c’est fait ! Le mercredi 15 juin, environ 22 personnes dont 14 qui ne font pas (encore !) partie du collectif se sont donc retrouvées à la Cour des Miracles.


À partir de 19h00, le bar s’est doucement peuplé de celleux qui venaient spécialement au débat, mais aussi de quelques passant.e.s joyeusement racolé.e.s pour l’occasion… et nous n’avons démarré qu’à 19h30 bien tapées. Après une courte présentation du collectif, nous avons donc projeté ces extraits des films Peau de vache et Les travailleu(r)ses du sexe (lesquels, par ailleurs, nous conseillons chaudement à tou.te.s de voir en entier) :

 

Nous avons fait une petite pause après le premier extrait pour proposer une brève redéfinition du travail du sexe, loin des clichés habituels, en expliquant d’abord que les “babysittings” de l’héroïne de Peau de vache relèvent bel et bien du travail du sexe et ce, bien que ni tristesse, ni violence, ni parties génitales ne soient dans le coup… ce qui a fait sourire, un peu choqué, aussi.

Intéressé.e.s, nos hôtes ont fait montre d’une belle écoute ; presque trop : on a frôlé la conférence en exposant le contexte dans lequel déboule ce pernicieux projet de loi. Des exclamations ont ponctué le résumé du cadre législatif actuel (LSI), notamment quand nous avons expliqué les conséquences pratiques qu’ont ces lois sur les putes et leurs proches. Ce petit tour d’horizon de la situation qui nous est faite a été suivi d’un long silence consterné.

Heureusement, certain.e.s participant.e.s ont relancé la discussion par des questions, qui nous ont amené à aborder des thèmes variés, voire à digresser un peu sur des réflexions plus générales à propos de féminisme et de contrôle des sexualités. Nous avions notamment parmi nous des travailleu.r.ses soci.ales.aux, confronté.e.s à ces questions sur le terrain et qui déploraient de ne pas avoir été formé.e.s pour accompagner les personnes dont iels avaient la charge.

Si les personnes présentes partageaient dans l’ensemble nos positions, certain.e.s ont trouvé que nous présentions le métier d’une façon idyllique et esthétisée, qui leur posait question quant à des situations graves ou difficiles, non choisies. Nous avons expliqué que notre position correspondait à la fois à une orientation politique à l’opposé du répressif (qui est la conclusion systématique des descriptions misérabilistes dans lesquelles les putes sont bien souvent réduites au silence par celleux qui les plaignent) et à la revendication d’une réalité abondamment occultée, celle de putes libres qui voient invalider leur parole et nier leur capacité à choisir leur vie.

En d’autres termes, nous pensons que le plus court chemin vers la joie, c’est la joie ! Ce qui ne nous empêche pas d’être conscient.e.s des problèmes existants et n’enlève rien à la solidarité que nous pouvons avoir avec les travailleu.r.ses du sexe vivant des situations difficiles : nous ne plaignons personne, nous luttons avec tou.te.s nos camarades !

L’argent a bien sûr aussi été un sujet très présent dans les discussions : Pourquoi faire payer le sexe ? Ou pourquoi vouloir en finir avec la marchandisation dans ce seul secteur, quand elle touche à tant d’autres besoins fondamentaux ? De notre point de vue, une perspective anticapitaliste qui ne se soucie que de la marchandisation de la sexualité manque quelque peu d’ambition…


En conclusion, ce débat a été l’occasion de discussions aussi sérieuses qu’ouvertes et respectueuses, et au cours desquelles nous avons expérimenté de franches rigolades et même fait de belles rencontres, comme cette personne qui nous a touché.e.s en nous parlant du plaisir qu’elle avait eu à lire Grisélidis Réal… Merci à tou.te.s pour ce moment passé ensemble à se muscler le cerveau et à se baumer le coeur, merci aussi à Amèl’, vaillante et accueillante tenancière de la Cour où nous avons pu organiser ce petit Miracle…

Et vivement la prochaine occasion !

Projection-débat le 15 juin à la Cour Des Miracles

Mercredi 15 juin à partir de 19h00, putains dans l’âme sera au bar la Cour Des Miracles (CDM) pour une projection suivie d’un débat sur le projet de loi visant à pénaliser les client.e.s du sexe :

BONS SENTIMENTS VS MAUVAISE VIE

projection-débat sur la pénalisation des client.e.s du sexe
à la Cour Des Miracles (CDM) 18 rue du lycée 25000 Besançon

le 15 juin 2011 à 19h00

Les récentes déclarations de Roselyne Bachelot remettent sur le tapis la vieille question d’une loi contre les client.e.s du sexe. Peut-on pénaliser les client.e.s d’un commerce légal ? Quels seraient les effets d’une telle loi ?

Nous vous invitons à débattre de ces questions autour de la projection de deux extraits tirés des films Peau de vache (Gérald Hustache-Mathieu, 2002) et Les travailleu(r)ses du sexe (Jean-Michel Carré, 2009).

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